Le (P)résident ♥

Publié le par Pense-bête(s)

Le (p)résident L'air vibre de vengeance, les forçats de la terre se massent au pied de l'immense grille forgée, dernier maillon de la chaîne quasi-brisée de l'ordre ancien, la lueur rougeâtre de leurs fumigènes annonce le sang, leurs visages durs et déterminés se déforment en clameur.

 

Une proposition d'article de Jean-François par la Boîte Echangiste de Pense-Bête(s)De l'autre côté du fer et du feu au cœur de ces pierres convoitées, symboles de la puissance politique, se cache l'être désiré. Ses fidèles l'ont laissé ici, au milieu du dernier bastion de son royaume chancelant, mais le capitaine parcourt son vaisseau une dernière fois avant le naufrage. Plus trace ici de l'époque bénie de grands festins et drapées de soie précieuse. Les longues artères du château sont rendues aux portraits d'augustes prédécesseurs au regard sévère.

 

Monsieur le Président pour encore quelques glorieux instants déambule au milieu de ces lieux familiers, savoure l'ironie de cette transition, qui le conduira à échafaud de la justice du peuple. Par la fenêtre il aperçoit ces fats, ces ingrats : ne leur a-t-il pas donné cinq ans de sa vie ? La herse souffre, annonce le dénouement. Les talons se tournent et traînent le déchu dans d'autres coursives, ce lieu est à lui, rien qu'à lui. Le président regarde son portrait, tente de dématérialiser son être dans la photo officielle si lisse et si parfaite. La vaine tentative est interrompue par le cri d'agonie de la grille, elle vomit à présent son flot continu de haine, et bientôt c'est l'Élysée tout entier qui vibre tandis qu'il s'emplit tout entier de la rue.


La chasse à cour n'aura pas lieu, le châtelain disparaît dans ses murs, libérant la foule de sa fureur. Son vœu a été exaucé, le voilà maudit à jamais, condamné à résider pour toujours dans ce qui fut son palais.


Le Sybarite

Publié dans Fragments littéraires

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paniervolant 29/11/2010 09:07


Autrefois, c'est-à-dire dans les années 70, la vie était différente, le président également.
Une chose n'a pas changé, la vue que j'avais sur la cour du Palais de l'Elysée, puisque cette photo a été prise de là où je travaillais, le studio de créations Louis Feraud (à l'époque) 88 rue due
Fbg Saint Honoré.
Nombreux étaient les journalistes qui se disputaient la priorité pour prendre la photo de cette vue qui m'était quotidienne.